Alors que les images de Bagass sont quasi-toutes tournées, montées et étalonnées depuis quelques semaines, il reste encore à terminer une des parties les plus importantes d’un film: le son.
Je suis complètement novice dans tout ce qui est son. Mais bon, j’ai déjà enregistré une chanson, alors pourquoi pas me lancer dans le « sound-design »? Pour moi le son d’un film se divise en 4 parties:
- les voix et dialogues : ce que dises les personnages, dans la prise de son originale ou par doublage en post-production
- les sons réels : les bruitages d’ambiances, qui collent naturellement à la scène
- les sons impossibles : les sons qu’on doit inventer, ou sont irréalisables avec nos moyens (armes, science-fiction…)
- la musique
Dans cet article, je veux parler des sons que j’appelle « réels », puisque c’est ceux-là, je pense, qui m’ont pris le plus de temps. C’est un peu paradoxal, puisque si tout va bien, on a déjà tous ces sons sur la prise son originale. Mais il peut y avoir plusieurs raisons de recréer ces effets :
- La prise de son n’est pas bonne (je me suis retrouvé parfois à reprendre le son de la scène à zéro).
- Le micro était pointé sur le personnage qui parlait, pour capter un dialogue de qualité, les autres sons ambiants sont donc moins présents (une bonne chose en général). Et avec un seul micro, on peut pas faire beaucoup mieux.
- La piste réelle n’a pas l’effet qu’on aurait voulu (une grosse porte colossale qui ne fait pas de bruit).
- L’objet qui doit produire du bruit n’existait pas (rajouté en post-prod ou hors-champ).
- On veut simplement améliorer la qualité de la séquence.
J’ai été confronté à toutes ces situations, mais j’aimerais insister sur la dernière. Avec Bagass, je me suis rendu compte à quel point le rajout de sons de bonne qualité, même anodins, peut améliorer une scène. Comme l’étalonnage de l’image, les sons peuvent lui donner un côté plus travaillé et agréable à entendre… sans dire qu’ils peuvent aussi parfois êtres des vecteurs important de narration.
J’ai commencé à chercher dans des banques sons en ligne, et me suis vite rendu compte que si je voulais que ça marche, il fallait que je les enregistre moi-même, sur mesure pour le film. C’était donc parti pour enregistrer des portes qui s’ouvraient, des verres qui trinquaient, des coups de poings, des bruits de pas (des centaines et des centaines…) et bien plus.
L’objectif étant d’avoir un son bien distinct et de la meilleure qualité possible, j’ai branché mon micro directionnel Rode Videomic à mon enregistreur audio Zoom H1, et j’ai chercher comment faire les bruits que je voulais. Certains sont évidents (puis de porte qui s’ouvre), d’autres un peu plus orignaux (pour un coup de cross de pistolet, j’ai enroulé un poireau et deux fourchettes dans une serviettes, qui j’ai ensuite tapé sur mon bras), et certains juste épuisants (les bruits de pas, à la longue…).
Mais ça valait le coup. Le film, pour moi, a triplé en qualité depuis que j’ai rajouté tous ces sons, même si ceux-ci sont juste des bruits de « tous les jours ». Ces pas pour rien que les plus grands studios d’Hollywood font encore ce fameux « Foley » pour tous leur films (c’est Jack Foley qui est à l’origine de cette méthode).
Avec un peu plus d’entraînement, je pourrais me mettre au Kung Fu.

















Oh oui, oh oui ! Mets-toi au kung fu !